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Dictionnaire
des principaux Arts Martiaux Asiatiques |
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Aiki-Jutsu (Bujutsu - Japon)
« Technique (Jutsu) de l’union (Ai) de l’énergie (Ki) ». Ensemble de techniques de combat rapproché élaborées au cours des siècles du Moyen Age nippon dans lesquelles l’Aikido de Maître Ueshiba Morihei prend ses racines. Aiki-jutsu et Ju-jutsu sont deux ensembles de techniques qui se sont développées conjointement, mais si une vue synthétique peut se concevoir au niveau de leurs techniques, ces deux familles de Jutsu diffèrent cependant quant à leur origine (l’Aiki-jutsu s’est développé auprès de la caste guerrière et nobiliaire, et est parent du Ken-jutsu, art noble du sabre : en Aiki la main nue, ouverte, est aussi le symbole de la lame du Katana. Le Ju-jutsu est une méthode de combat élaborée au niveau des hommes du commun et fortement influencée par des apports chinois. Tandis que le Ju-jutsu apparaît comme essentiellement pragmatique, l’Aiki-jutsu est riche d’éléments philosophiques et spirituels qui lui donnent une autre dimension : il y est notamment fait appel dès l’origine à cette notion de Ki, véritable source de l’efficacité au-delà des simples techniques du corps. L’Aiki-jutsu est également imprégné de la doctrine spirituelle du In-Yo, correspondant à la vision dualiste chinoise de l’Univers, partagé en éléments positif (Yang) et éléments négatifs (Yin). Origine : les Minamoto. La tradition nippone fait remonter son origine au Ixe siècle, sous le règne de l’empereur Seeiwa et plus vraisemblablement à l’époque du clan Minamoto, duquel émergèrent plusieurs figures de proue, guerriers de légende. Zinsi Minamoto Yoshimitsu (1056-1127) et le plus célèbre encore Minamoto Yoshitsune (1159-1189) sans qu’aucune précision d’ordre technique puisse cependant être sérieusement donnée. Plus vraisemblablement, deux noms émergent de l’ère des Tokugawa. Le premier est celui de Goto Tamanemon Tadayoshi (1644-1736), fondateur présumé de l’école Daito-ryu, qu’il enseigna à côté d’autres méthodes de Ju-jutsu au Samuraï du clan Aizu (actuellement Préfecture de Fukushima, au nord de l’île japonaise principale de Honshu) à partir de 1671. Le second est celui de Takeda Takumi no Kami Soemon (1758-1853), un lettré non seulement versé dans l’art du combat mais également dans la doctrine du Taoïsme, qui enseigna à ces mêmes guerriers du clan Aizu, considérés par les historiens japonais comme des combattants particulièrement redoutables. La technique de Takeda apparaît alors sous le nom de Takeda-ryu, et sa doctrine spirituelle sous celui de « Aiki in-yo ho » (doctrine de l’harmonie de l’esprit sur la base du Yin et du Yang). Cette synthèse originale, à partir de Daïto-ryu, Takeda-ryu et la notion d’Aiki, est alors appelée d’un terme générique : Oshikiuchi, technique de combat qui n’était enseignée qu’aux Samuraï de haut rang et où excellaient ceux du clan Aizu. Fidèles à la tradition, respectant les règles du Bushido, le code d’honneur du Samuraï, ces hommes d’une trempe particulière furent beaucoup moins affectés que d’autres Samuraï par la perte des vertus guerrières de la période d’Edo, et continuèrent à s’entraîner avec passion comme si leur vie en dépendait. Mais en 1871, la révolution Meiji dissout les clans ; les valeureux guerriers d’Aizu sont dispersés. L’Aiki-jutsu faillit bien disparaître. Développement : la marque de Takeda Sokaku. La survie de la technique Oshikiuchi fut due à Saigo Tanomo Chikamasa (1829-1905), membre du clan déchu, également prêtre Shinto. Dès qu’il le put sans attirer sur lui la curiosité de la police impériale, il songea à transmettre l’art à un homme digne de confiance. En 1877 il s’y prit une première fois avec Shida Shiro, alors âgé de 9 ans. Shida étudia sans relâche, tout en complétant, à partir de 1881, par l’étude des techniques de Tenjin Shinyo-ryu, école dans laquelle il fut d’ailleurs remarqué par Kano Jigoro qui le nomma plus tard assistant à son Kodokan. En 1884, Shida Shiro, en épousant la fille de son maître Saigo Tanomo, prit le nom de Saigo Shiro, nom sous lequel il passera dans l’histoire du Judo (ses exploits furent également immortalisés dans une histoire célèbre dont le héros s’appelait Sugata Sanshiro). On sait moins qu’un grave conflit de conscience le perturbera quelques années plus tard : tiraillé entre l’Oshikiuchi et le nouveau Judo, Saigo Shiro abandonna le tout pour ne pas avoir à choisir entre ses deux maîtres, Saigo Tanomo et Kano Jigoro… Il quitta définitivement Tokyo en 1891 pour se consacrer le reste de sa vie, à côté de ses occupations professionnelles, à l’étude du Kyudo, tir à l’arc, discipline où il obtint d’ailleurs le haut rang de Hanshi. On conçoit la déception de Saigo Tanomo qui rechercha aussitôt un autre homme capable d’assimiler et transmettre les secrets de l’Aiki-jutsu. Il trouva Takeda Sokaku (Minamoto Masayoshi) (1858-1943), un membre du clan dispersé d’Aizu. Et, cette fois la chance lui sourit. Takeda Sokaku était un petit homme assez exceptionnel ; Kendoka (escrimeur) de génie, il était si fort dans son art qu’on le surnommait déjà « le petit Tengu d’Aizu ». Se promenant par bravade en tenue traditionnelle, sabre au côté, dans les rues de Tokyo à l’aube de la révolution Meiji, il fut provoqué par une vingtaine d’agresseurs moqueurs ; il les défit tous. Mais le port du sabre fut interdit en 1876, afin d’éviter de telles rixes fréquentes entre modernistes et tenants de la tradition. Il fafllut encore vingt ans avant que Takeda Sokaku acceptât enfin d’étudier l’ancien Oshikiuchi sous la direction du vieux Saigo qui le suppliait de comprendre que le Ken-jutsu n’avait plus sa place dans la société moderne d’alors. Mais tout se passa alors très vite : les bases martiales de Takeda étaient si bien assimilées qu’il maîtrisa très vite les techniques de l’Aiki-jutsu. Avant de mourir, Saigo lui demanda de diffuser son enseignement. C’est ainsi que l’on trouve Takeda à Hokkaido, l’île septentrionale du Japon, où il instruisit dans son art les forces de la police dès 1908. Pour une raison de prestige, Takeda appelait alors son art Daito-ryu, mais en fait sa technique n’avait plus rien à voir avec celle de l’ancien Daito-ryu du clan Aizu. Contrairement à ce que veulent admettre certains historiens du Budo japonais, il est sage de ne voir ici qu’homonymie. Il est vrai cependant que le nouveau Daito-ryu contenait tout l’Aiki-jutsu, encore perfectionné, des anciens Samuraï d’Aizu, avec d’autres influences en plus. En effet Takeda Sokaku, également héritier d’écoles de Ken-jutsu (notamment Onoha-Itto-ryu), poursuivit toute sa vie l’étude du sabre et en réintroduisit très officiellement sa pratique dans sa méthode Daito-ryu vers 1925. Takeda Sokaku , 32e Iemoto du style, eut de nombreux disciples, parmi lesquels son fils, Takeda Tokimune, Tatasudo Yoshida et, plus connu, Ueshiba Morihei qui donnera, à travers une synthèse personnelle qu’il appela Aikido, une vie nouvelle à ces techniques léguées d’un long passé en passant du Jutsu (technique) au Do (Voie). Ecoles d’Aiki-jutsu actuelles. Elles se divisent en deux tendances principales : a) le Daito-ryu Aiki-jutsu, qui réfère à l’enseignement traditionnel de Takeda Sokaku, et transmis par son fils Takeda Tokimune (dans le cadre du Daitokan) ou par d’autre disciples tels que Matsuda Hosaku, qui eut parmi ses élèves Okuyama Yoshiji (plus tard fondateur de l’école Hakko-ryu Ju-jutsu) et Oba Sachiyuki, ou encore Horikawa Kotaro, Agawa Yukiyoshi, Yamamoto Tomekichi, Richard Kim… b) le Takeda-ryu Aiki-jutsu, qui veut remonter à l’enseignement classique du clan Takeda, (qui aurait été gardé et transmis par Takeda Shingen et son fils Kunitsugu) et dont le représentant contemporain est Soke Nakamura Hisashi. |
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définitions tirées du livre « L’Encyclopédie des Arts Martiaux de l’Extrème-Orient » de Gabrielle et Roland Habersetzer (Editions Amphora, 2004), avec l'aimable autorisation des auteurs et de l'éditeur. Cet important ouvrage (7700 termes référencés) peut être obtenu en librairies, dans notre boutique arts martiaux, ou sur Amazon.fr et ed-amphora.fr Sites internet de l'auteur : |
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