Dictionnaire
des principaux Arts Martiaux Asiatiques
Arnis de mano (Arnis / Philippines)

Art martial des Philippines, issu d’un ancien système de combat local, le Kali, et éléments importés par les Espagnols à partir de la seconde moitié du XVIe siècle. Ces derniers ont fini par dominer dans le système de combat qui s’est transmis jusqu’à nos jours, au point que beaucoup de spécialistes de cette pratique, même locaux, pensent que l’Arnis est une pure création espagnole.

Arnis (Arnes, autrefois Armas) de mano est une appellation donnée par les Espagnols à un spectacle qui leur fut souvent donné de voir lorsqu’ils furent maîtres des Philippines : danses et représentations théâtrales indigènes (Moro-moro) dans lesquelles les acteurs portaient des protège mains artistiquement décorés. Les mouvements de ces gantelets furent remarqués (reproduisant en fait sous forme de danse anodine des mouvements de combat fort anciens dans ces îles), d’où la référence à des « mains harnachées » ou « mains protégées » (Arnes).

Ce qui reste actuellement de l’Arnis ancien se divise en trois méthodes : l’Espada y Daga (synthèse de mouvements de l’Arnis avec des techniques d’escrime avec épée et dague amenées par les Espagnols. Se pratique avec deux bâtons de longueurs différentes), le Solo Baston (avec un seul bâton) développé à partir de l’Espada y Daga, et le Sinawali (avec deux bâtons courts) qui est maintenant l’aspect le plus développé du système. Il s’y ajoute, plus récemment, l’Arnis-kawayan, qui utilise un seul bâton long. Toutes ces techniques se pratiquent à trois niveaux : la répétition des techniques de base (Muestrasion ou Pandalag), l’assaut conventionnel (Sangha at patama, ou Sombra tabak), enfin le combat libre (Larga muton, ou Labunang totohanan). Un gros travail de modernisation et de synthèse fut réalisé après 1945 et les premières compétitions sportives datent de 1947. Cette version moderne de l’Arnis (Moderne Arnis) a elle-même éclaté en plusieurs styles depuis, dont certains incorporent également des techniques à mains nues, de type Ju-jutsu ou Kempo, et les ramifications sont maintenant nombreuses, du classique (représenté par le groupement Samagang Sta Ursula de la région de Manille) aux compétitions sportives (il existe depuis 1971 une Philippines Arnis Association et depuis 1975 une National Arnis Association of the Philippines) en passant par des gymnastique de démonstration ou des formes à but de self-défense. Très vivant notamment sur l’île de Cebu, l’Arnis moderne est aussi fortement représenté en Californie, USA, grâce au prosélytisme de Dan Inosanto, également spécialiste de Penjak Silat.

définitions tirées du livre
« L’Encyclopédie des Arts Martiaux de l’Extrème-Orient »
de Gabrielle et Roland Habersetzer (Editions Amphora, 2004), avec l'aimable autorisation des auteurs et de l'éditeur.
Cet important ouvrage (7700 termes référencés) peut être obtenu en librairies, dans notre boutique arts martiaux, ou sur Amazon.fr et ed-amphora.fr

Sites internet de l'auteur :
www.karate-crb.com ou www.institut-tengu.eu