Thaing Bando

Historique :
Les origines du Thaing sont très anciennes, et remontent très certainement à plus de deux milles ans ; avec un enseignement dispensé à la base par des moines experts en techniques de combat. La boxe birmane était notamment sous les divers empires birmans une activité très prisée, tout à la fois par le peuple et les princes. La naissance du Bando moderne tel qu'on le pratique aujourd'hui remonte aux années 1930. Il est le fruit du travail d'une poignée d'officiers gurkhas de l'armée impériale britannique, qui souhaitèrent restaurer et codifier la pratique des anciens arts martiaux birmans. Ainsi naquit sous l'égide de U Ba Than (Gyi) en 1946, le National Bando Association (NBA), puis l'International Bando Association (IBA).

La place du Thaing dans le monde :
Le Bando est très pratiqué dans le monde asiatique avec plusieurs centaines de milliers de pratiquants, ainsi qu'en Amérique du Nord où il connaît une forte audience ; cela en raison de l'exil aux Etats-Unis, depuis la fin des années cinquante du fils du rénovateur des arts martiaux birmans, responsable technique mondial actuel du système, U Maung Gyi. Depuis 1958, le Bando était régi par différentes fédérations internationales ou continentales, la plupart dépendant de l'IBA :
- L'American Bando Association en Amérique du Nord (ABA) née en 1962
- La Fédération Européenne de Thaing Bando (FETB) créée en 1990
- La World Bando Association en Asie (WBA)
- La All Burmese Martial Art Federation en Birmanie (ABMAF).
Depuis mai 2001, une seule fédération internationale, la World Thaing Bando Federation (WTBF), assure les destinées mondiales du Thaing. Le président actuel est le Français Alain André Feschet.

La pratique des différentes disciplines :
La pratique des différentes disciplines du système martial birman est extrêmement codifiée. L'acquisition et la transmission des gestes techniques s'effectuent notamment par le biais de l'assimilation de matrices de base (pieds, poings, blocages, déplacements…) et de formes [sorte de combat imaginaire codifié contre un ou plusieurs adversaire(s)] ; qui permettent par ailleurs de développer la concentration, le travail sur l'énergie et les qualités physiques. Le travail à mains nues (Bando ou self défense) utilise une pratique axée sur l'observation des animaux. Les techniques se déclinent ainsi sous neuf variations animales principales : aigle, buffle, cobra, panthère, python, sanglier, scorpion, tigre et vipère, qui peuvent correspondrent plus ou moins aux morphotypes et aptitudes des pratiquants. Le Bando peut se pratiquer dans une optique de self-défense et de travail sur l'énergie avec l'acquisition de formes internes (pratique douce similaire à celle développée dans les arts martiaux chinois). Très efficace et très complet, il allie toutes sortes de techniques (circulaires, de percussion, de saisies, de projection et de soumission).
La pratique des armes (Banshay) est réservée aux plus expérimentés. Notamment l'apprentissage du sabre exige d'avoir plus de 18 ans et un niveau équivalent à une ceinture verte ; pour les enfants et des débutants, le travail des armes commence souvent par la pratique du bâton court. L'apprentissage passe, là encore, en partie par l'acquisition de formes. L'arme spécifique du Banshay est le dha, et l’arme emblématique est le kukri népalais, le sabre court des guerriers gurkhas.
L'activité pugilistique (Lethwei) peut être pratiquée en loisir ou en compétition. La Boxe birmane, étant très complète, elle permet à la plupart des athlètes de club de participer aux compétitions officielles des autres fédérations de boxes pieds/poings. Nombreux obtiennent d’excellents résultats et certains ont su d'ailleurs s'illustrer par le passé tant au niveau national qu'international. Pour les enfants, une pratique en light-contact (assaut à la touche contrôlée) avec protections (casque intégral, gros gants, plastron, protège-tibias/pieds…) est développée. La Boxe birmane est une boxe ancestrale particulièrement complète qui associent les techniques de percussion aux projections et au travail à mi-distance (coudes, genoux, tête).
La Lutte birmane (Naban) permet quant à elle une approche complète du travail au sol et du corps à corps, avec l'apprentissage des techniques de projections, de contrôle et de soumission (clefs, strangulations, points de pression et pincements). C'est une activité très physique, qui constitue la continuation logique du combat à mi-distance.

La pratique compétitive :
Pour ceux qui le désirent une pratique compétitive est possible à la fois dans le domaine pugilistique, de préhension et dans le domaine des formes. Pour les enfants et les adultes, une coupe de France de Thaing en combiné est organisée chaque saison, mettant en jeu leurs compétences dans trois des disciplines du système martial birman (boxe light contact, formes mains nues et lutte technique contrôlée) avec règlement adapté à chaque tranche d'âge. Pour les jeunes et les adultes une coupe de formes interstyles existe depuis 1990 (épreuve à mains nues et également dans la catégorie « armes »).
Il n'existe pas en France de compétition de Boxe birmane (combat de plein contact c’est-à-dire au K.O. system) et de lutte birmane totale (plein contact). Un open européen de boxe birmane plein contact devrait avoir lieu dans les années à venir.

Les grades :
Le système de grade est analogue à celui que l'on peut trouver dans d'autres arts martiaux avec le système traditionnel de ceintures de couleur. Pour les grades de base des pratiquants (plus de 15 ans), il existe une progression, allant de la ceinture blanche à la ceinture marron (jaune, orange, verte, bleue). Chez les jeunes, la gradation se présente en demi-étape sous la forme de ceintures intermédiaires bicolores (ex. : jaune/orange à sections pour l’étape entre la ceinture jaune et l’orange). Les ceintures de base sont délivrées par le responsable technique de la salle d’entraînement. Les grades supérieurs sont délivrés par un jury fédéral Au niveau de la ceinture noire, il existe un système de degrés (l'équivalent d'un « dan » japonais) et de niveaux (addition de plusieurs degrés). Le premier niveau équivaut à un 3ème degré, qui est acquis par le passage successif de différents degrés correspondant à chacune des disciplines du système (boxe, banshay, bando/naban). L'acquisition de ce premier niveau se déroule durant plusieurs années.

Qui peut pratiquer le Thaing ?
La pratique du Bando est ouverte aux plus jeunes comme aux plus âgés. Les enfants peuvent commencer à pratiquer de l’âge de 7 ans notamment avec un apprentissage ludique des disciplines comme le Naban ou le Bando. Le travail de l'énergie avec des mouvements lents et souples (dite pratique interne) est adapté, quant à lui, à tous les âges.